Skip to content
Combined ShapeCreated with Sketch.

Un logiciel pour sauver des M$ en argent public

Marie Christine Trottier - Agence QMI

3 juin 2017

Deux anciens gestionnaires de projet qui trouvaient que l'utilisation d'Excel était inefficace pour bien suivre les projets de construction ont inventé un logiciel qui permet d'éviter les dépassements de coûts.

«Qu'ils soient de 5 millions $ ou de 200 millions $, la plupart des projets sont suivis avec Excel, et appuyés avec des logiciels en support. C'est compliqué et il y a un plus grand risque d'erreurs de calcul», a expliqué Marc Parenteau, un des co-créateurs du logiciel Aïdi.

Selon lui, il faut tout aussi bien surveiller les petits et moyens projets que les gros. Plus nombreux que ces derniers, ils finissent par coûter très cher en dépassements de coûts.

«Un extra de 100 000 $ ici, un autre à 100 000 $ et 100 000 $ là, même si ce sont des petits projets qui passent sous le radar, ça fait une méchante différence à la fin de l'année», a illustré M. Parenteau.

À titre d'exemple, des 88,7 milliards $ prévus dans le Plan québécois des infrastructures 2016-2026, 84 % de ce montant est réservé à des projets qui coûteront moins de 50 millions $, soit 74,5 milliards $.

Pour éviter ces dépassements de coûts, il faut assurer un suivi plus serré, a expliqué M. Parenteau.

C'est là qu'Aïdi entre en jeu : ce logiciel permet d'avoir une vue d'ensemble du projet et de suivre en temps réel son évolution. Un même donneur d'ouvrage peut aussi comparer et mettre en commun tous ses projets et avoir un aperçu sur une carte interactive.

L'arrondissement de Lachine est le premier à avoir changé sa méthode pour Aïdi, il y a bientôt un an.

«Je ne voulais plus utiliser de fichiers Excel à cause de la marge d'erreur», a expliqué Robert Malek, chef de division aux études techniques à Lachine

Contrairement à Excel ou à d'autres logiciels de gestion de projets, Aïdi est plus simple à utiliser, a-t-il ajouté.

«Ça m'a immédiatement plu, c'est très intuitif. Ça ne prend pas quelqu'un qui est spécialisé en gestion de projet pour comprendre comment l'utiliser. Il faut juste suivre les étapes une par une.»

POUVOIR DE NÉGOCIER

 

«Quand un entrepreneur arrive avec un extra de 100 000 $ par exemple, certains n'ont pas les outils pour vérifier d'où viennent ces changements. Alors dans ce temps-là, ils payent», a expliqué M. Parenteau.

«Ça donne le pouvoir de vérifier ce que l'entrepreneur dit, c'est un mécanisme d'imputabilité», a ajouté son collègue Martin Coulombe.

Les donneurs d'ouvrage peuvent ainsi réajuster le tir en temps réel et éviter que les extras ne s'accumulent. Aïdi aurait ainsi permis à un de leurs clients de sauver environ 1 million $ en surplus.

«Ça permet aussi de voir ce qui reste à faire. Ça trace une tendance, ça montre les écarts avec le budget initial», a souligné M. Parenteau.

L'arrondissement de Lachine, Espace pour la vie, Sobey's et Industrielle Alliance ont déjà mis Aïdi à l'épreuve. En fait, le logiciel de Martin Coulombe et Marc Parenteau suit plus de 1600 projets, valant un total de 685 millions $.


Cliquez ici pour l'article originale: Un logiciel pour sauver des millions en argent public

Partagez