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Construction: un logiciel qui fait la chasse aux dépassements de coûts

Offert par Les Affaires

27 janv. 2017

Les dépassements de coûts des projets de construction semblent devenus une fatalité au Québec. En novembre dernier, dans son rapport annuel, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, critiquait sévèrement la gestion des contrats octroyés par les cégeps. C'était sans compter que la commission Charbonneau, les extras et les délais faisaient déjà partie de la langue d'usage. Un terreau fertile pour les deux entrepreneurs à l'origine du logiciel Aïdi, qui estiment que celui-ci pourrait faire économiser plusieurs millions de dollars aux donneurs d'ordres.

La valeur totale des suppléments autorisés à la Société immobilière du Québec, au Centre des services partagés du Québec et au ministère des Transports provincial (plus de 10 % du montant initial) représentait près de 145 millions de dollars par année depuis trois ans, selon un rapport produit par KPMG-Secor pour le Conseil du Trésor en 2013.

Prenez l'ensemble des contrats, publics ou privés, les économies corollaires à une gestion serrée se calculent alors en milliards de dollars.

Plusieurs entreprises et institutions utilisent encore des fichiers Excel pour effectuer le suivi de leurs projets. Pour faire le ménage dans le chaos des chiffriers, entre en scène Aïdi, le logiciel québécois de Marc Parenteau et Martin Coulombe, qui se présente comme un outil de suivi de projets «simple, convivial et standardisé pour l'industrie de la construction».

«Quand on a 20 chargés de projets, des centaines de contrats et 100 M$ à gérer par année, c'est difficile de comprendre où on en est, explique Marc Parenteau, pdg d'Axsimo, la start-up qui produit le logiciel Aïdi. Nous, on rassemble tout, c'est un suivi en temps réel, avec toutes les parties prenantes et les budgets. On permet aux gens de réagir avant de se heurter à un mur.»

La start-up a déjà remporté un succès d'estime en signant des ententes avec quelques grands acteurs. Parmi ses clients, on retrouve Sobeys, l'Industrielle Alliance et Espace pour la vie. Elle compte 195 utilisateurs. Depuis ses débuts en 2012, l'outil aurait permis de gérer 1 562 projets d'une valeur de 673 M$, selon ses concepteurs.

«C'est vraiment simple, efficace et beaucoup moins coûteux que d'autres outils», confirme Anne-Hélène Lavoie, responsable des communications Québec pour Sobeys.

 

Dffa7ce89f0c6c204967a82fce8a8349Le prix du logiciel se trouve au coeur du plan d'affaires de l'entreprise. Peu importe le montant du projet géré à l'aide du logiciel, il en coûte 80 $ à l'utilisateur. Un tarif absurde. En apparence, du moins. «Avant, nous vendions les licences et des contrats de service, maintenant nous vendons des crédits, un projet pour 80 $, un peu comme Skype. Nous voulions un prix "no-brainer", un montant pour lequel personne ne dirait non», raconte Martin Coulombe, l'autre fondateur et directeur technique. Pénétrer le marché à petit prix donc, quitte à ajouter de nouvelles fonctionnalités par la suite afin de générer plus de revenus.

Essentiellement, la start-up fait le pari qu'elle vendra beaucoup de crédits à un même client. «Nos clients, un hôpital par exemple, peuvent gérer 400 ou 500 projets par année», expliquent les créateurs.

Rentable à ses deux premiers exercices, mais déficitaire l'an dernier et cette année, Aïdi devrait être rentable en 2017 et générer un bénéfice de 200 000 $. Les deux dernières années ont entraîné plus de dépenses en raison de l'optimisation du logiciel et d'investissements dans la croissance.

Les deux fondateurs confient que de nouveaux contrats sont en voie d'être conclus. Les hôpitaux du nord et du sud-ouest de Montréal, des regroupements qui gèrent des centaines d'établissements du secteur de la santé, seraient du lot.

Ils croient avoir suffisamment de capitaux pour poursuivre le développement de l'entreprise, mais ne détesteraient pas de faire entrer de nouveaux partenaires au capital pour accélérer la croissance. Les fondateurs sont prêts à diluer de 25 % le capital de la société pour 1 M$.

Des investisseurs se montrent apparemment intéressés. Contactés par Anges Québec, plus d'une vingtaine de gens d'affaires auraient démontré de l'intérêt pour la start-up montréalaise.

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